Dimanche 28 janvier 2007


Des Guinéens viennent reconnaîtrent le 23 janvier 2007 à Conakry le corps de proches victimes de la répression des forces de l'ordre.
© Georges Gobet (AFP/AFP)


Guinée, le drame ignoré.

par Tierno Monénembo
 

"En ce moment même, l’armée tire sur les grévistes dans les rues de Conakry.
Des lycéens, des mères de famille, des ouvriers et des enseignants sortis exprimer leur ras-le-bol de la misère et de l’oppression tombent sous les balles d’un de ces régimes archaïques et sanguinaires auxquels les maîtres de ce monde ont confié les mines d’Afrique. Aucune caméra ne les filmera, aucun journaliste ne témoignera des derniers instants de leur agonie.
A Conakry, il n’y a pas d’agence de presse, pas de bureau de TF1 ou de CNN. Ils ne sont pas fous dans les médias : on envoie des correspondants seulement là où les nouvelles sont possibles. Or, en Guinée, jamais rien de nouveau, pour ainsi dire : bientôt cinquante ans que les pendaisons publiques et les massacres de rue s’y succèdent sans émouvoir personne. S’il fallait passer au 20 heures tous les pauvres types qui se font canarder par des dictateurs à travers le monde ! S’ils étaient télégéniques, au moins, les cadavres de Conakry ! D’ailleurs, ça se trouve où, la Guinée ?
A force de crever dans son coin de solitude et de tyrannie, ce pays a fini par disparaître des atlas et des statistiques. Ignorée des touristes, boudée par les journalistes, abandonnée par les organisations humanitaires, la Guinée est devenue un gigantesque camp de concentration où le premier tyran venu peut torturer et tuer à satiété sans perturber ni la conscience des champions des droits de l’homme ni les cocktails des diplomates.
Il y eut un temps où la patrie de Camara Laye passait pour un nouveau Cuba, et Sekou Touré, son leader d’alors, pour un autre Che Guevara. Les bons journaux (ceux de gauche !) ne tarissaient pas d’éloges sur lui. Les syndicalistes et les leaders communistes et socialistes se bousculaient à Conakry pour se faire photographier à côté du « camarade africain ». Les professionnels de la révolution et autres apôtres de la bonne cause ne se contentèrent pas de le chanter, ils le déifièrent tout bonnement. Ils le soutinrent jusque dans ses crimes les plus abominables. Seulement, quand les monceaux de cadavres se mirent à surpasser les murailles du camp Boiro et que leur odeur commença à se propager, ils firent ce qu’ils ont l’habitude de faire : ils se réfugièrent dans le silence et détournèrent leurs regards vers d’autres ferments révolutionnaires, d’autres théories fumeuses.
Aujourd’hui, mon pays n’intéresse plus personne. Après le Rwanda, le Liberia, la Côte-d’Ivoire ou la Somalie, que peuvent bien espérer les manifestants de Conakry ? Rien, absolument rien ! D’autant qu’ils ne se contentent pas de crever et de pourrir, ces salauds, ils le font sur les deux tiers de la bauxite du monde..."

Jeudi 25 janvier 2007
Tierno Monénembo, écrivain guinéen
par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Lundi 22 janvier 2007

Calligraphie © Hassan Massoudy

Ne pas prendre sans donner



Il y a de cela quelques jours, kenza m'avait convié à écrire cinq choses que vous ne savez pas de moi. Je lui avais répondu qu'il me semblait que ma chronique sur kitab en date du 13 octobre, Exercices d'égotisme,
(http://kitab.over-blog.net/article-4151846.html) répondait en partie à sa demande et je décidai d'en rester là. Puis hier soir, en allant sur le blog de Céleste, la même sollicitation me fut proposée à nouveau. Comme je suis un garçon bien élevé qui n'aime pas contrarier les requêtes des femmes que j'apprécie, je vais donner une suite favorable à leur souhait.

1. Je fus un inconditionnel de la série New york police blue's que diffusa canal jimmy durant treize ans tous les dimanches soirs.

2. Je fus éperdument amoureux d'une étudiante durant mes longues années universitaires. Elle ne le sut jamais quoique nous fréquentâmes le même cercle d'amis assez régulièrement.

3. Je n'aime pas manger en public car j'ai toujours l'impression qu'on va se moquer de ma façon de manger qui tient plus du remplissage que de la dégustation.
 
4.Je n'arrive jamais à discuter avec mon père. Nous avons deux caractères très opposés. Et le temps passe.

5.Je ne supporte plus de voir dans les transports en commun les usagers,le plus clair de leur temps, l'oreille collée à leur portable.
par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Samedi 20 janvier 2007
On assiste depuis quelques temps à la multiplication de propos racistes dans la sphère publique sans qu'un grand nombre de nos concitoyens ne s'en offusque. Ainsi un président de conseil régional estime qu'il y a trop de "blacks" dans l'équipe de France de football, un animateur de télévision écrit que les Noirs ont la mort « au bout de leur bite » tandis qu'on distribue une soupe à base de porc à des sans-abri de Paris et de Nice. Bien triste époque!
Calligraphie © Hassan Massoudy
Si je suis fait de terre, celle-ci est ma patrie toute entière, et tous les hommes mes frères.. (Al Siquilli , XIe s.)

par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Mercredi 17 janvier 2007


Iraq : l'ONU estime à plus de 34.000 le nombre de civils tués en 2006


Copyright © AFP JOURNAL INTERNET

16 janvier – Dans son dernier rapport sur les droits de l'homme publié aujourd'hui, la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) a estimé à 34.452 le nombre de civils tués en Iraq en 2006, et autant de blessés, alors que les violences sectaires vont en s'aggravant.

La violence rampante continue de coûter la vie à des milliers d'Iraquiens, affirme la MANUI dans son rapport, estimant qu'entre le 1er novembre et le 31 décembre 2006, 6.376 Iraquiens ont perdu la vie, tandis que 6875 ont été blessés.

La MANUI tire ses informations de deux sources pour la compilation de ce rapport : le gouvernement iraquien et l'institut médico-légal de Bagdad.

"La situation est particulièrement grave à Bagdad, où la plupart des victimes et des corps non identifiés portent aussi des marques de torture".

En novembre et décembre 2006 seulement, 4.731 personnes ont été tuées à Bagdad.

Selon la MANUI, la cause fondamentale de la violence sectaire se trouve dans les actes de représailles et dans l'impunité. La Mission pointe notamment vers « le sentiment grandissant d'impunité pour les violations actuelles des droits de l'homme ».

Il est essentiel que l'Etat et le gouvernement iraquien soient perçus comme étant unis dans leurs efforts pour éliminer la violence sectaire, garantir l'Etat de droit et retirer ainsi le soutien populaire accordé aux auteurs de violences.

Le rapport souligne que la lutte contre l'impunité, notamment par les poursuites judiciaires, est essentielle à cet égard. De même, tout nouveau programme de sécurité n'aura de réelle efficacité que s'il est lié à un programme de réforme en profondeur pour renforcer l'Etat de droit, affirme la Mission de l'ONU.

Comme dans ses rapports précédents, la MANUI se dit particulièrement préoccupée par le sort des femmes et des minorités, proie des exactions des insurgés, des milices et des gangs criminels (dépêche du 22.11.06).

La violence sectaire est désormais la première cause de migration et de déplacement des Iraquiens, notamment à Bagdad (dépêche du 8.01.07). Le rapport estime qu'au moins 470.094 Iraquiens ont été déplacés depuis l'attaque contre le mausolée de Samarra le 22 février 2006, dont 38.766 pour Bagdad seulement.

Sont particulièrement visés les professeurs, les médecins, les journalistes, les juges et avocats, ainsi que les dirigeants religieux ou politiques.

Mais les attaques contre les forces de sécurité continuent. Le gouvernement iraquien estime ainsi que depuis 2003 12.000 policiers ont été tués, soit 10 par jour.

Enfin, parmi les minorités les plus exposées figurent les réfugiés palestiniens. Le rapport appelle le gouvernement à protéger les bâtiments qui les abritent (dépêche du 28.12.06).

« Tout l'Iraq n'est pas uniforme face à la situation des droits de l'homme », souligne le rapport, qui cite notamment le Sud et le Nord, dont le Kurdistan, qui sont relativement plus à l'abri.

La MANUI estime par ailleurs que près de 30.842 personnes sont détenues en tout par les autorités iraquiennes et par la Force multinationale ? dont 14.534 pour cette dernière -- sans que des charges aient été retenues contre elles, et sans être poursuivies.

Le dernier rapport du Secrétaire général sur la MANUI estimait que « la perspective d'une guerre civile totale, voire d'un conflit régional, est devenue beaucoup plus réaliste » et que le défi n'est plus seulement de contenir et d'atténuer la violence actuelle, mais aussi de prévenir son escalade (dépêche du 8.12.06).

par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Samedi 13 janvier 2007

Driss Ksikes, le directeur de Nichane, devant un kiosque à journaux


Jamais un événement n’a suscité autant de mobilisation dans la blogosphère marocaine. Alors que la classe politique marocaine, les associations de défense des droits de l’homme et les journalistes eux-mêmes se font discrets, à croire que l’interdiction de l’hebdomadaire Nichane ne les concerne pas, les bloggeurs marocains se mobilisent pour défendre ce qui a été perçu comme une atteinte à la liberté d’expression au point que les voix discordantes peinent à se faire attendre. De quoi s'agit-il?

Depuis le mois dernier, la revue marocaine Nichane a cessé de paraître et a été retirée des kiosques, après intervention des autorités. Son rédacteur en chef et un de ses journalistes sont inculpés d'avoir insulté l'islam et d'avoir porté atteinte à la moralité publique dans un article consacré aux "noukat", ou blagues, sur la religion. Driss Ksikes and Sanaa al-Aji, s'ils sont reconnus coupables, risquent des peines allant jusqu'à cinq ans de prison, et de fortes amendes. A l'origine, un article de la revue Nichane consacré aux blagues à la mode sur la religion, la sexualité et la politique. Les deux journalistes se défendent d'avoir eu l'intention de ridiculiser la religion en citant ces blagues, déclarant qu'ils ont voulu étudier les "enseignements qu’elles comportent sur la culture collective des Marocains". Ils ont toutefois publié des excuses. Les deux hommes, qui ont reçu des menaces de mort à la suite de leur article, sont soutenus par des organisations internationales telles que Reporters sans frontières (RSF) qui déclare que les poursuites engagées contre eux sont un coup sérieux porté à la liberté de la presse.

La Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Casablanca rendra, le 15 janvier, son verdict. Dans son réquisitoire, lors de l'ouverture du procès, lundi à Casablanca, le ministère public a demandé la "condamnation des deux journalistes et l'interdiction de la publication de l'hebdomadaire ainsi que de l'exercice de la profession pour les deux journalistes", tout en rejetant de leur accorder les circonstances atténuantes. La défense a, pour sa part, demandé leur acquittement pour ''bonne foi''. L'interdiction, comme la nature des poursuites, est incompréhensible, dans la mesure où le Maroc était, jusque là, en bonne voie vers une réforme positive du code de la presse, duquel seraient notamment éliminées toutes les peines privatives de liberté pour les journalistes. Sur ce point comme sur bien d'autres touchant à la liberté de la presse, le gouvernement était résolument en marche vers une réforme qui s'inscrirait dans le cadre de l'évolution démocratique que nous souhaitons tous pour ce pays. Une réforme dont le fondement majeur serait la primauté des instances disciplinaires issues du corps professionnel journalistique, avant qu'une poursuite judiciaire ne puisse être envisagée. Or, toutes les instances professionnelles se sont opposées à la mesure d'interdiction de Nichane - même si certaines ont déploré que la publication de ces blagues (lues hors contexte, rappelons-le ; il s'agissait d'un dossier analytique de 10 pages !!) n'ait pas tenu compte de l’environnement tendu dans lequel évolue le monde musulman en général et le Maroc en particulier.

Solidarité avec Nichane
La pétition est en ligne.

par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Vendredi 5 janvier 2007

Keith Ellison, le premier parlementaire américain de confession musulmane, a prêté serment jeudi au cours de l'entrée en fonction du 110e Congrès. L'élu du Minnesota a utilisé un exemplaire particulièrement rare du Coran pour cette cérémonie. Les membres de la Chambre des représentants prêtent officiellement serment en tant que groupe sans utiliser de Bible ou d'autre livre. Mais dans un pays dont 75% des habitants se considèrent comme chrétiens, la Bible s'est souvent imposée dans les cérémonies non-officielles qui suivaient, et notamment lors de la traditionnelle photo. Nancy Pelosi, première femme à présider la chambre basse du Congrès américain, a fait prêter serment à Keith Ellison qui était accompagné de sa femme et de leurs quatre enfants. M.Ellison, un démocrate, a utilisé un exemplaire du Coran emprunté à la bibliothèque du Congrès et ayant appartenu au troisième président des Etats-Unis, Thomas Jefferson. Ce dernier disposait de la plus importante bibliothèque privée des États-Unis (6 500 ouvrages environ en 1815). Il décida de les vendre à la Bibliothèque du Congrès après l'incendie de celle-ci par les troupes britanniques. Cela lui permit de rembourser une partie de ses dettes. Il mit au point un système de classification original des livres, retenu par la Bibliothèque du congrès. On crédite souvent Thomas Jefferson de l'invention des bibliothèques publiques et de la notion de fair use qui leur est attachée.

  "C'est le livre que je lis tous les jours et d'où je tire mon inspiration", a déclaré à la chaîne de télévision ABC News Keith Ellison, né dans une famille catholique et converti à l'islam lorsqu'il était étudiant. M. Ellison, un avocat de 43 ans, est également le premier parlementaire noir du Minnesota, un Etat très majoritairement peuplé de Blancs et qui plus est, dans une circonscription considérée comme "la plus blanche" des Etats-Unis.


House Speaker Nancy Pelosi of Calif., left, administers the House oath to Rep. Keith Ellison, D-Minn., during a re-enactment swearing-in ceremony, on Capitol Hill in Washington, Thursday, Jan. 4, 2007. Ellison's wife Kim holds Thomas Jefferson's Quran which was provided by the Library of Congress. (AP Photo/Lawrence Jackson)

  Le fait que le parlementaire prête serment sur le Coran avait, il y a une quinzaine de jours, suscité une controverse. Un élu républicain avait exprimé sa crainte de voir compromises les "valeurs et les croyances traditionnelles" des Etats-Unis. Ces déclarations avaient conduit une organisation de défense des droits des musulmans à demander des excuses. Selon le journal Libération, "cette annonce a suscité une polémique consternante, symptomatique de l'aversion ressentie par certains Américains à l'égard de l'islam cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001. Le premier à réagir, fin décembre, fut un commentateur républicain conservateur, Dennis Prager. «C'est l'Amérique, et pas vous, qui décide sur quel livre ses élus prêtent serment», a-t-il lancé, en estimant qu'un serment sur le Coran disqualifierait Ellison. Peu après, un représentant de Virginie, Virgil Goode, dans une lettre à ses administrés, a sommé les Américains de «se réveiller» sur la question de l'immigration et déclaré à Fox News qu'il entendait restreindre l'immigration «afin d'empêcher qu'il y ait un jour une majorité de musulmans élus» au Congrès. Le nombre des musulmans américains varie, selon les estimations, entre un et sept millions."

Le nouveau Congrès issu des élections parlementaires du 7 novembre, avec une majorité démocrate à la Chambre des représentants et au Sénat, a pris ses fonctions jeudi.


par mohamed habibi publié dans : kutub
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Blog : Croyances sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus